Le chevalier Saint-Pol a donné son nom à la commune de Saint-Pol sur mer

Marc-Antoine de Saint-Pol Hécourt a donné son nom à la commune de Saint-Pol sur mer. Le chevalier de Saint-Pol est né en 1665, très certainement dans la commune de la Briche, aujourd’hui nommée Souzy la Briche dans l’Essonne. Il est le benjamin d’une famille noble, originaire de Bretagne. Son père était capitaine au régiment de Piémont mais le jeune Marc-Antoine rêve de grands horizons et à 15 ans, il s’engage dans la marine. Il rejoint le corps des galères sous le grade de sous-lieutenant, en raison de son titre de noblesse. Les combats de la Méditerranée l’attendent. C’est à bord de la galère, la Syrène, qu’il participe à ses premières batailles contre les états barbaresques, ces pays d’Afrique du Nord et de Turquie dont les pirates se livrent à des razzias le long des côtes espagnoles, françaises et italiennes.

Marc-Antoine de Saint-Pol Hécourt
Portrait de Marc-Antoine de Saint-Pol Hécourt

Il participe aux bombardements d’Alger de 1682 et 1683 puis le 26 octobre 1683 à l’expédition punitive contre la république de Gênes qui avait fourni des galères à l’Espagne, pays en guerre contre la France.
Nommé lieutenant le 1er janvier 1685, il est affecté sur la galère le Magnifique et combat au sein de l’escadre qui bombarde Tripoli, du 23 au 28 juin 1685. Lors de ces opérations en Afrique, des centaines d’esclaves chrétiens seront libérés. Le 1er janvier 1691, Saint-Pol passe au service des vaisseaux et rejoint l’escadre française, commandée par Tourville qui en, 1692, en rade de la Hougue, est surprise et détruite par la flotte anglo-hollandaise. Nommé capitaine de vaisseau en janvier 1693, il est affecté à Dunkerque pour servir sous les ordres de Jean Bart. Il reçoit alors le commandement du Mignon, une frégate de 44 canons. Bien qu’ayant essentiellement navigué en Méditerranée, Saint-Pol s’adapte rapidement à la guerre de course dans les eaux tourmentées de la mer du Nord. Il se distingue d’abord en juin 1694 au large de l’île de Texel, aux côtés de Jean Bart, où il s’empare, après deux abordages du Stad-en-land, un bâtiment hollandais de 50 canons. Il se fait également remarquer en défendant Dunkerque dont le port est attaqué à deux reprises par la flotte anglaise en 1694 et 1695. Lors de chaque croisière, Saint-Pol prend une part active aux combats engagés par Jean Bart contre la flotte hollandaise qui escorte les navires marchands. Le 13 avril 1702, Jean Bart atteint d’une forte fièvre, lui délègue le commandement et décède quelques jours plus tard. Saint-Pol est alors le plus ancien des capitaine de vaisseaux dunkerquois. Ses mérites lui ont assuré une carrière rapide, mais à 37 ans il est encore trop jeune pour diriger l’escadre du Nord et Louis XIV désigne à ce poste le baron de Pointis, qui s’est illustré dans la prise et la capitulation de Carthagène des Indes en 1697. Cette nomination royale n’est pas

des plus heureuse car de Pointis ignore les subtilités de la lutte contre les Hollandais et se révèle incapable. En novembre 1702, il est renvoyé en Méditerranée et Saint-Pol le remplace. Le 28 janvier 1703, Saint-Pol qui commande l’Adroit s’empare de deux navires anglais dont la frégate Ludlow, après un combat très violent. Pour ce fait d’armes, Louis XIV le fait chevalier de Saint-Louis. En avril, il capture le Salisbury qui compte 52 canons, l’un des meilleurs voiliers anglais dont les plans sont immédiatement adressés au maître constructeurs des arsenaux français. Saint-Pol en fait son vaisseaux amiral. Au fil des campagnes, les prises s’accumulent, générant d’immenses richesses. Le roi est satisfait ! N’a-t-il pas causé de grandes pertes à la flotte hollandaise, Gêné le commerce de l’ennemi, Tout comme Jean Bart, son prédécesseur ? Le 31 octobre 1705, Saint-Pol découvre sur le Dogger Bank, un convoi de 15 navires marchands venant de Baltique et escortés par trois vaisseaux de guerre anglais. Tandis que Cornil, le fils de Jean Bart, s’empare de deux navires marchands, Saint-Pol et son Salisbury se lancent à l’abordage du Pendenis. C’est au cours de ce combat, qu’il reçoit une décharge mortelle de mousquet en pleine poitrine. Le 3 novembre, l’escadre dunkerquoise rentre au port avec ses prises, ses 900 prisonniers et le corps du chevalier. Le 6, il est inhumé à l’église Saint-Eloi, dans l’un des caveaux de la chapelle Saint-Georges. Cinquante ans plus tard, le vice-amiral Cornil Bart le rejoint dans sa dernière demeure. Au début du XVIIIe siècle, un cabaret à l’enseigne « Au grand Saint-Pol » ouvre ses portes à l’ouest de Dunkerque, dans le modeste hameau du « Tornegat » (trou aux ronces). Très vite, la clientèle de l’établissement prend l’habitude de dire qu’elle se rend à Saint-Pol. L’appellation s’impose alors dans le langage populaire jusqu’à être choisie pour dénommer la nouvelle commune, issue de celle de Petite-Synthe, créée par décret le 29 septembre 1877.

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