Jean Bart, Salut à ta mémoire...  


Voici l'histoire du plus grand des corsaires de la mer du Nord.
Né le 21 octobre 1650 à Dunkerque, il est le descendant d'une longue lignée de marins.
Ses aïeux, Michel et Jean Jacobsen étaient déjà de fameux corsaires.
Le premier était surnommé le " renard de la mer "
Et le second se fit sauter avec son bateau plutôt que de se rendre.
Notre homme avait de qui tenir. En 1662 Louis XIV racheta Dunkerque aux Anglais, alors que les Espagnols ont quitté la ville depuis quatre ans.
Jean Bart âgé de douze ans embarque comme mousse sur le " Cochon gras ".

En 1667 la flotte réussie son raid le plus fameux et s'empare du " Royal Charles ", le plus beau des navires anglais.Durant toutes ces années à naviguer dans la marine hollandaise, Jean passe de matelot à quartier-maître, le futur corsaire fait bonne école.
En 1672 à Flessingue, Jean Bart est fait lieutenant d'une fière caravelle, alors que la France
déclare la guerre à la Hollande. Jean Bart s'enfuit et regagne le port de Dunkerque, il embarque comme second, son bateau s'échoue, il le désensable à l'aide de la chaloupe et le ramène au port. On ne parle que de cet exploit dans la ville, sa légende est faite.Il fait ses débuts de capitaine corsaire sur le " roi David ", sa première campagne est fructueuse.
Il fait sept prises en moins d'un an, pour une valeur de 260.000 livres.
Après ses premiers succès Jean Bart se voit confier une frégate " la Royale ", avec Wilhem Dorne et Charles Dekeyser, l'ami d'enfance avec lequel il navigue depuis son engagement dans la marine hollandaise.
Ils écument la mer du Nord selon une tactique mise au point par les capres de Dunkerque.

Au début de 1675, la " Royale " croise au large de l'embouchure de l'Escaut, par ruse en hissant pavillon hollandais, ils arraisonnent une flotte de gros marchands Hollandais chargés jusque sabord, après une heure de combat. De si belles prises réjouissent l'Amirauté. L'intendant de la marine communique la nouvelle à Versailles. Pour Jean Bart, c'est le début de la gloire… Le 3 février 1675, il se marie avec Nicole Gonthier, fille d'aubergiste, dans la vieille église St Eloi. Trois mois plus tard, Jean reprend la mer avec son fidèle compagnon Charles Dekeyser, il rançonne les flottilles de pêcheurs du Dogger Bank. Mais à Hambourg, où il se réfugie après une course-poursuite, on lui confisque la " Royale ". Rentré à Dunkerque, on lui confie un redoutable chasseur des mers de 120 tonneaux et 26 canons, " la Palme ".

Avec un tel vaisseau, il frappe durement la Hollande. Le roi le récompense de ses exploits par une médaille en or, privilège car, la première accordée à un capre. Tandis que la Hollande fait frapper une tout autre médaille à son effigie, une médaille de malédiction… Jean Bart est le plus grand des pirates français. Nicole met au monde, le 17 juin 1677 un garçon nommé François Cornil. En mars 1678, au large de Texel, Jean Bart est blessé, brûlé au visage et le mollet arraché, il est mal en point. Le temps qu'il retrouve l'usage de sa jambe, la guerre est finie… Il a à son actif depuis 1674 plus de 50 prises ramenées à Dunkerque. Le 5 janvier 1679, le roi lui octroie un brevet de lieutenant de vaisseau pour service rendu au royaume. A cette époque Vauban est chargé par le roi de fortifier la ville, il fait appel à Jean Bart pour le conseiller. Dunkerque sera le plus grand port de guerre du royaume. Louis XIV viendra en personne l'inspecter à plusieurs reprises.

En 1681 il fait campagne contre les Barbaresques, puis navigue au commerce. En 1682, le sort s'acharne sur notre corsaire, il perd en peu de temps, sa mère, une fille et son épouse.Le 3 août 1686, il est fait capitaine de frégate. La guerre éclate de nouveau avec les Anglais et Hollandais. Jean Bart reprend le combat et chasse de plus belle dans les mers du Nord, il a pour lieutenant Claude de Forbin. Lors d'un combat, alors qu'ils conduisent un convoi de Dunkerque à Brest, après deux heures de résistance acharnée, Jean Bart est fait prisonnier par les Anglais. Il est débarqué à Plymouth et emprisonné. Avec l'aide du chirurgien Flamand qui les soigne, lui et ses compagnons s'évadent des geôles anglaises. Deux jours plus tard, le 5 juin 1689, à force de rames à bord d'une yole, ils regagnent les côtes de St Malo. Jean Bart rentre à Dunkerque où il est accueilli en héros et fait capitaine de vaisseau. Le 13 octobre 1689, dans l'église de st Eloi, on célèbre le mariage de notre valeureux guerrier et de Mademoiselle Marie-Jacqueline Tugghe,femme de caractère, elle lui apprendra les bonnes manières… Jean Bart préconise d'utiliser contre les ennemis de la mer du Nord des divisions légères de frégates, qui ont l'avantage d'être plus rapides et maniables. Il reprend la mer sous les ordres de Tourville à bord de " l'Alcyon " et s'illustre lors de la bataille de Béveziers.
Pour le remercier le roi nomme son fils François garde-marine, titre honorifique puisque réservé à la noblesse. Confiant, le roi de France s'est fixé comme objectif l'Angleterre, mais en mai 1692 ses espoirs sont ruinés sous les falaises de la Hougue.
La flotte de Monsieur de Tourville est détruite, les Anglais n'ont plus rien à craindre. C'est un désastre, le roi charge Jean Bart de harceler Anglais et Hollandais. 1692 et les années qui suivirent furent de sinistre mémoire, des années noires.
La disette s'est installée, le peuple meurt de faim, les greniers sont vides et les hivers rigoureux ne permettent aucun espoir. Le 26 juin 1694, l'escadre de Jean Bart trompe le blocus anglais devant Dunkerque. Trois jours plus tard, elle arrive au large de l'île de Texel. Il s'attaque à la flotte de l'Amiral de Hollande, dont les navires sont remplis de blé russe et sort vainqueur de la bataille. Le 3 juillet Jean Bart est de retour au port de Dunkerque, son action sauve le royaume de la famine. Dans toute la France son nom est loué comme celui du messie. Pour le remercier de sa bravoure, Louis XIV lui accorde les lettres de noblesse. Quel chemin parcouru par le petit mousse qui embarquait trente ans auparavant dans le port de Dunkerque !… En septembre 94, il met en échec la flotte anglaise qui tente de mettre le feu à Dunkerque. Dés qu'il en a l'occasion, il force le blocus anglais et part en chasse au large des côtes anglaises.
Au cours de l'été 1695, la flotte de Guillaume d'Orange attaque de nouveau Dunkerque, et le port de nouveau doit à son héros d'être sauvé. Quelques temps plus tard, le traité du Ryswick instaure la paix. Le roi reçoit le plus grand de ses corsaires à Versailles, il lui accorde un brevet de pension de deux mille livres et nomme son fils au grade de lieutenant de vaisseau. En 1697, il est promu chef d'escadre. En 1701, Louis XIV ayant accepté la succession de son petit-fils sur le trône d'Espagne, la guerre est de nouveau imminente. Jean Bart est commandant de la marine de Dunkerque. Il entraîne les équipages, approvisionne les magasins, et inspecte son escadre. Le onze avril 1702 après une manœuvre sous une pluie diluvienne, Jean Bart est brûlant de fièvre. Le 27 avril, le plus valeureux de tous les corsaires s'est éteint, il a succombé à une pneumonie.

A cinquante et un ans, le chevalier, le démon de la mer pour ses ennemis, L'intrépide Jean Bart, qui risqua mille fois sa vie au combat est terrassé par la maladie dans son lit. Il est inhumé au pied du maître-autel de St Eloi. Son fils François Cornil Bart, suivi dignement les traces de son père, tel ses ancêtres avant lui, il fut un fameux marin, et devint Amiral de France. Jean Bart disparut, plus personne ne pouvait sauver la France. Affaiblit par une longue lutte, le royaume fut contraint d'accepter les exigences des Anglais, au traité d'Utrecht en 1713. Le port de Dunkerque est comblé, et ses fortifications démantelées. Plût au ciel que Jean Bart n'ait jamais vu cela. Dunkerque garde toujours à la mémoire, le souvenir de son héros. En 1845, la ville érige en son centre une statue du corsaire, au centre de la place qui porte désormais son nom.

Jean Bart, Salut à ta mémoire...

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