| Les rues de Lille |
On dénombre aujourd'hui à Lille plus de mille boulevards, rues, places et impasses. Créées au fil des ans, au gré des agrandissements et des constructions successives, les rues de Lille ont pris le nom d'une église, d'un établissement, d'une corporation. Parfois, elle désigne tout simplement une situation géographique comme la rue Basse. Elle tire son nom de sa position : devant et en bas du rempart qui entourait autrefois le château du Buc (où se trouve aujourd'hui Notre-Dame de la treille). D'autres voies méritent également que l'on se penche sur leur origine. La rue des Chats-Bossus, par exemple. Cette voie très ancienne n'a rien à voir avec les chats. Son nom vient d'une francisation du mot " cabochus " ou " caboches " qui évoquait les cranes et squelettes d'animaux que les tanneurs et corroyeurs, nombreux dans ce quartier, avaient l'habitude d'accrocher à leur devanture en guise d'enseigne ! La Révolution entraîne de nombreux changements. On débaptise les rues à connotation religieuse ou royaliste. La place aux bleuets devient celle des Droits de l'Homme avant de retrouver son nom actuel. L'origine de cette dénomination vient du fait qu'au XVe siècle, une maison destinée à accueillir les orphelins était implantée ici. Les enfants vêtus de drap bleu, étaient alors surnommés les bleuets. Cette période troublée a aussi ses héros. Le barbier Maes qui a donné son nom à une rue. Ce vaillant individu n'hésita pas, raconte-t-on, à utiliser comme plat à barbe un éclat d'obus tombé devant sa porte et à raser ses concitoyens au milieu de la chaussée, sous la mitraille qui pleuvait ! Au XIXe, Lille retrouve sa tranquillité. L'industrialisation entraîne un accroissement de la population et des constructions. De nouvelles voies se constituent. Ainsi, en 1863, naît la rue des Stations. Composée de différentes voies situées le long du canal des Stations, elle est ainsi nommée car les pèlerins qui vont vers Notre-Dame de la Réconciliation à Esquermes et Notre-Dame de Grâce à Loos s'arrêtent aux diverses chapelles qui jalonnent le chemin. Quelques dizaines d'années plus tard, la première guerre mondiale éclate. Les Lillois en garderont un souvenir douloureux comme le rappelle la rue des Dis-huit ponts : boulevard de Belfort, les Allemands ont accumulé des munitions dans une poudrière qui s'ouvre devant le chemin de fer par une série de dix-huit arches. Le 16 janvier 1916, une explosion dont l'origine reste mystérieuse détruit le quartier. Tous les habitants sont tués ou blessés. |