Les rues de Douai

Commençons par le commencement, c'est à dire par la plus ancienne rue connue de la ville : la rue des Foulons. En 1198, on la désigne déjà sous le vocable de vicus fullonum. Elle a traversé les siècles sans changer de nom et rappelle l'activité drapière qui fit la grandeur de la ville. Les foulons avaient pour tâche de préparer et de nettoyer les draps en les foulant. Pour cela, ils utilisaient des moulins et de l'eau qu'un bras de la Scarpe leur fournissait. Si, comme dans de nombreuses villes, plusieurs rues Douaisiennes portent le nom de corporations (rue des Ferronniers, des potiers…), car les habitants avaient pour habitude au Moyen-âge de se grouper selon leur activité, d'autres artères ont pris celui d'un cabaret. C'est le cas de la rue des Blancs-Mouchons. On raconte qu'en 1500, une querelle entre ivrognes s'achève par la mort d'un homme. L'enseigne du Blanc-Mouchon sert à la population pour indiquer le lieu du drame. Cette rue à l'histoire agitée s'appelait auparavant ruelle de la planque-Amoureuse à cause d'un petit pont permettant de franchir le fossé de l'ancienne fortification. Le pont était si étroit, dit-on, que lorsque deux personnes se croisaient, elles devaient s'embrasser. Ici comme ailleurs, certaines voies ont pris le nom d'artistes locaux, de maires, de bienfaiteurs de la ville ou d'homme de loi. Douai a ainsi choisi d'honorer Philippe-Antoine Merlin de Douai ; Cet avocat et député, à la personnalité controversée (il élabora la fameuse loi des suspects en 1793, qui contribua à l'instauration de la terreur), occupa d'importante fonctions : ministre de la justice, puis de la police, il devint ensuite un des cinq directeurs à la tête de l'Etat sous le directoire. Merlin de Douai est également l'un des principaux auteurs des Codes civil et criminel.
webnord.com - Lot 4, rue de l'industrie - 59820 GRAVELINES / Tél : 03 28 20 09 72 ou 08 75 99 66 69
- Contact -